Systèmes de pensée

systemes-de-pensee

Les systèmes de pensée selon KAHNEMAN

Daniel KAHNEMAN est un psychologue et économiste israélo américain. Il est connu pour son prix Nobel en économie, et reconnu pour ses nombreux travaux en psychologie. C’est le domaine qui nous intéresse dans cet article. Selon son modèle théorique, nous avons 2 modes de pensées bien distincts. Un mode de pensée rapide et un mode de pensée lent et plutôt analytique.

Système de pensée rapide

Pratique, mais approximatif

Au quotidien, nous sommes bombardés d’informations, de tâches à effectuer ou de problèmes à résoudre. Nous n’avons pas toujours recours au raisonnement analytique, car cela serait extrêmement chronophage et énergivore. Il serait impossible de prendre le temps nécessaire pour répondre de manière raisonnée à chaque sollicitation ou problème complexe. Dans de nombreuses situations, nous agissons de manière parfois automatisée, spontanée, instinctive ou émotionnel. Nous créons des heuristiques.

Système de pensée lent

Un mode analytique et exploratoire mais plus lent

Selon le modèle théorique de KAHNEMAN, le système 2 fait référence à un mode plutôt analytique lors de la résolution d’un problème. Il demande donc de l’attention et de la concentration. Nous quittons les raccourcis mentaux décrits ci-dessus pour entrer dans un processus beaucoup plus lent.

Contradicteur, Gerd GIGERENZER

Less is more…

Bien que plus fiable, le système 2 ne signifie pas pour autant que l’on ne fasse pas d’erreurs. Selon Gerd GIGERANZER, psychologue Allemand, le système 2 peut, dans certaines situations nous inhiber par l’afflux d’informations. Trop d’informations et d’options peuvent se traduire par un choix plus difficile. Prenons l’achat d’un nouveau produit. Nous pouvons comparer techniquement différentes solutions, puis prendre en compte l’avis de nombreux utilisateurs. Et à y penser de plus près, il est vrai que nous sommes parfois confronté à tellement d’informations, que nous devenons totalement indécis. Dans certains contextes, le mode théorique de pensée lent devient donc pénalisant. Cela signifie tout simplement que les biais sont parfois utiles et même indispensables.

Switch

Pourquoi un mode de pensée plutôt qu’un autre ?

Il semblerait que l’aisance cognitive joue un rôle important et influe sur l’aiguillage d’un système de pensée plutôt qu’un autre. D’une manière générale, les individus préfèrent les choses faciles à comprendre ou avec lesquelles ils sont familiers. Ils les ressentent comme plus sûres et intelligibles. Au contraire, lorsque notre aisance cognitive diminue, parce que l’on trouve l’activité mentale demandée difficile ou incertaine, nous changeons de système de pensée et produisons un effort cérébral.

Vers les biais cognitifs

Qu’est ce que les biais cognitifs ?

Rapides et parfois utiles, les biais cognitifs peuvent être à l’origine de nombreuses erreurs de jugements. Selon les sources, les biais sont décrits comme une distorsion entre la manière dont nous résolvons les problèmes et celle que nous devrions adopter pour y parvenir. A ce jour, ce sont pratiquement 200 biais qui ont été caractérisés lors d’études réalisées par les psychologues. La liste ne cesse d’augmenter… Certains sont très connus comme le biais de confirmation ou le biais d’ancrage.

Exemple de biais

Biais de confirmation

Le biais de confirmation peut se définir comme une tendance qui privilégie à ne retenir que les informations confortant nos croyances, nos opinions ou nos idées. A l’inverse, nous avons tendance à rejeter ou minimiser les informations qui s’opposent ou contredisent nos croyances. Vous pouvez consulter notre article dédié au biais de confirmation. Vous trouverez également un exemple de ce biais avec un article sur l’influence de la couleur.

Biais d’ancrage

Le biais d’ancrage peut se définir comme une tendance à ne retenir qu’une seule information pour juger une situation donnée. Très souvent, il s’agit du premier élément d’information donné. Ce biais est exploité dans les démarches commerciales, ou l’on crée un point d’ancrage, le prix. Le potentiel acheteur réagira en fonction de cette information.

Biais dans notre activité

Biais lors des tests utilisateurs

Dans le cadre de notre activité, comme dans de nombreuses autres activités, la connaissance et la prise en compte de ces biais est nécessaire afin d’augmenter la qualité des résultats. Les biais méthodologiques sont nombreux et peuvent provenir de différents acteurs, comme le préparateur, l’animateur du test, ou l’analyste des données. C’est d’ailleurs pour toutes ces raisons que nous parlons de tests en double ou triple aveugle.

Références

Quelques sources pour vous permettre d’aller plus loin sur le sujet.

Kahneman, D., Tversky, A. (1972). Subjective probability : a judgment of representativeness. Cognitive Psychology, 3, 430-454.

Kahneman, D., Tversky, A. (1973). On the psychology of prediction. Psychological Review, 80, 237-251.

Kahneman, D., Tversky, A. (1982). On the study of staistical intuitions, Cognition, 11, 123-141.

Webster, D. M., Kruglanski, A . (1998). Cognitive closure and social consequences of the need for social closure. European Review of Social Psychology, 8, 133-173.

 Yachanin, S. A.,Tweney, R. D. (1982). The effect of the thematic content on cognitive staetegies in the four-card selection task. Bulletin of the Psychometric Society, 19, 87-90.

systemes-de-pensee